0


A deux jours du derby des deux Manchester à Old Trafford, zoom sur la méthode José Mourinho, qui a déjà fait des merveilles dans les rangs des Red Devils. Avec trois victoires en trois rencontres de Premier League et un Community Shield, le technicien portugais a déjà instauré sa patte… et surtout son amour de la gagne.


Mission efficacité

Le jeu est moins léché que dans le Manchester City de Pep Guardiola, moins calculé que dans le Chelsea d’Antonio Conte… mais il a l’ambition d’être efficace. Manchester United a le mérite d’avoir accroché un trophée d’entrée, avec ce Community Shield remporté contre Leicester (2-1), puis d’avoir gagné ses trois premiers matches de championnat.

Pas de tiki-taka comme il aime le critiquer : José Mourinho mise avant tout sur les qualités individuelles de ses joueurs pour faire la différence. Avec la volonté de faire une première passe plus longue et d’avoir plus de rigueur défensive. Avec la volonté de s’appuyer sur un meneur de jeu – ou plutôt un faiseur de jeu – en l’occurrence Paul Pogba, voire un Juan Mata. En prime : miser sur un serial buteur comme Zlatan Ibrahimovic, ou potentiellement Marcus Rashford.


Du changement à l’entraînement

Loin de lui l’idée de ne pas faire travailler les gammes aux joueurs. Mais José Mourinho a abandonné les séances répétitives et, disons-le, rébarbatives, version Louis van Gaal, pour se concentrer sur le jeu. Aux entraînements à rallonge du Néerlandais qui inhibaient l’instinct naturel du joueur, le technicien portugais préfère le jeu, encore le jeu, toujours le jeu.

« Un grand pianiste ne passe pas son temps à tourner autour de son piano ou à se muscler le bout des doigts, confiait-il un jour, comme le souligne The Sun. Pour être bon, il joue au piano. La meilleure façon d’être un grand footballeur, c’est de jouer. » Et de le faire en prenant du plaisir, comme pour éviter toute forme de lassitude.


Peu de renforts mais de poids

Le plus évident concerne l’allure de l’effectif. Pas de révolution comme a pu le faire un Pep Guardiola à Manchester City. Le rayon de José Mourinho, c’est l’évolution, apporter des retouches et de miser sur un réveil des mentalités. Ce qui lui vaut régulièrement des départs en eau de boudin, après trois ans d’un système qui ne fonctionne plus.

Entendons-nous bien. Si les recrues n’ont finalement pas été si nombreuses, elles ont coûté cher. A l’image de Paul Pogba, désormais joueur le plus cher de l’histoire, arrivé de la Juventus Turin pour environ 105 millions d’euros. Zlatan Ibrahimovic est arrivé libre car en fin de contrat avec le Paris Saint-Germain.

Mais il faut également ajouter Eric Bailly, jeune défenseur central de 22 ans arrivé de Villarreal pour environ… 40 millions d’euros tout de même. Last but not least comme on dit de l’autre côté de la Manche, Henrik Mkhitaryan, séduisant au sein du onze de Dortmund et recruté pour un peu moins de 25 millions d’euros, au nez et à la barbe de concurrents comme Chelsea, qui se serait bien vu miser sur la technique et la vision du jeu de l’Arménien. Quatre recrues « seulement » mais à des postes clés, venus pour être titulaires.


Pas de pitié pour les « braves »

José Mourinho n’est pas connu pour faire dans le caritatif. Forcément, certains en font les frais, à l’image d’un Bastian Schweinsteiger prié de partir et qui a finalement décidé de rester… quitte à ne pas jouer. L’ancien coach du Real ou de l’Inter a donc dégraissé un effectif pléthorique, largement ralenti par des cireurs de banc.

Exit donc les Adnan Januzaj, Paddy McNair, Donald Love (Sunderland), Andreas Pereira (Grenade), Will Keane (Hull City)… autant de talents qui n’avaient pas de place pour s’exprimer, parce que barrés par meilleurs qu’eux.


Une omniprésence médiatique

Evidemment, pour quiconque a vécu une conférence de presse de David Moyes ou Louis van Gaal, le changement est radical. José Mourinho est un adepte de la petite phrase assassine, incarnation du système médiatique moderne qui se plaît à exploiter une sortie acerbe, quelques mots qui claquent.

Le Portugais n’a pas la langue dans sa poche et son discours tranche avec le langage policé de certains de ses homologues, particulièrement en Angleterre. Il aime créer l’événement, faire du buzz et exposer les équipes qu’il entraîne. Après le quasi marasme de l’ère van Gaal et la platitude médiatique du passage Moyes, le changement est radical.


Réactiver la fibre des supporters

Les supporters de Manchester United ont souffert depuis le départ du légendaire Alex Ferguson. Absence de titres, jeu pas vraiment flamboyant et explosion des rivaux… autant de critères qui avaient fait retomber les Red Devils, sinon dans un anonymat, du moins dans une discrétion indigne du rang d’un club aussi mythique, vingt fois champion d’Angleterre.

Forcément, avec un José Mourinho à la mentalité de gagneur et sûr de ses forces, le courant ne pouvait que passer. De toute façon avec le Portugais, l’histoire d’amour débute toujours de manière idyllique… c’est la suite qui est plus compliquée. Pour l’instant, tout est rose : le club a remporté ses trois premiers matches de championnat (même si le contenu ne fut pas toujours particulièrement glorieux) et reçoit son rival citizen en sommet de la quatrième journée. Un succès et les supporters seraient définitivement sous le charme…
SFR Sport

REAGISSEZ À CET ARTICLE

Réagissez Google+

 
Top