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Sans club pendant dix-huit mois, Ndiaye Dème Ndiaye, l’ex-joueur du RC Lens (2012-2016), a signé à Arras (N2). Le Sénégalais revient sur son parcours loin d'être facile. 

La vie d’un footballeur professionnel est parfois parsemée d’embûches. Celle de Dème Ndiaye en est l’exemple. Le Dakarois de 33 ans n’a eu de cesse de dribbler les galères dans sa carrière. Quand il quitte le Sénégal, en 2005, pour signer dans le club portugais de l’Estrela da Amadora (D1), il ne fait pas seulement connaissance avec les hivers européens. «Pour un Sénégalais, même le Portugal, c’est froid», se marre-t-il. Mais il découvre aussi le spleen. «J’ai douze frères et sœurs. C’était dur de partir. J’étais tellement accroché à ma maman que les premiers mois ont été très compliqués.» Et puis, viennent les premières interrogations contractuelles. «L’Estrela avait de vrais problèmes financiers. Il m’est arrivé de ne plus être payé pendant trois mois.» En 2009, le club est rétrogradé en troisième division administrativement et perd son statut professionnel.

Direction la France. Et Arles-Avignon, qui vient de monter en L2. Dème Ndiaye participe à la folle aventure de l’équipe provençale vers la L1, où elle évoluera une saison. Avant la chute, les lendemains qui déchantent et les interrogations au sein d’un club pas forcément préparé à un tel destin. «Différemment du Portugal, en France il y a la DNCG, précise l’attaquant. C’est tout de même plus rassurant pour les joueurs. En fin de saison 2011-2012, je me blesse et pars en rééducation à Cap-Breton. C’est là que le RC Lens me contacte. Le Racing, en tant que Sénégalais, ça me parle. Diouf, Coly, Sarr ou Bouba Diop sont notamment passés par ici.»


Enthousiaste à l’idée de porter le maillot sang et or, il débarque dans un club lui aussi empêtré dans les problèmes financiers. Il doit attendre quelques semaines avant de voir son contrat être homologué et d’entamer la première de ses quatre saisons sous les couleurs lensoises, dont une en L1. «Jouer à Lens restera un souvenir inoubliable pour moi. Mon parcours au Racing a parfois été freiné par les blessures mais évoluer devant 25 000 supporters à chaque match à Bollaert, c’était une expérience fantastique.» À la recherche d’un club depuis juillet 2016, celui qu’Antoine Kombouaré qualifiait de «super mec» ne quitte pas l’Artois pour autant. «Je me suis installé ici, à Arras. Je suis très attaché à la région.» Et quand on lui fait remarquer que les températures ne sont pas aussi clémentes qu’au Sénégal, au Portugal ou en Provence, il sourit. «C’est vrai mais, humainement, les gens sont tellement moins durs ici que dans le sud de la France. Ma fille Coumba (quatre ans) et mon fils Mohamed (un an) sont nés dans le Pas-de-Calais. Le film «Bienvenue chez les Ch’tis», c’est vraiment ça. Vous savez, l’histoire qui dit qu’ici on pleure deux fois… Quand on arrive et quand on repart…»
La Voix du Nord

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