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DIOUF, HENRY, DIAO, FERDY, BOUBA DIOP, BÈYE, FADIGA, ALIOU CISSÉ… : L’Angleterre n’a pas toujours été un eldorado pour les Lions


La Premier League anglaise est devenue la destination privilégiée des Lions. Chaque année, le contingent de Sénégalais évoluant dans l’élite anglaise s’accroît. Cependant, le prestigieux championnat anglais n’a pas toujours été un paradis pour les joueurs sénégalais qui s’y sont aventurés. Beaucoup ont échoué au pays de la reine Elisabeth 2.

El Hadj Diouf, l’envol brisé chez les Reds

Arrivé à Liverpool après le Mondial 2002 pour un transfert estimé à 18,5 millions d’euros (12 milliards de FCFA),  El Hadj Diouf était attendu comme la future star des Reds. Cependant, le Ballon d’Or africain 2001 et 2002 ne s’est jamais  imposé aux côtés de Steven Gerrard et compagnie. Pour sa première année, Dioufy avait disputé 29 matchs de championnat pour ne trouver le chemin des filets qu’à 3 reprises. La deuxième année est même catastrophique puisqu’il n’a inscrit aucun but en 26 matchs disputés. Sa saison moyenne et ses relations tendues avec Gerard Houiller poussent les propriétaires d’Anfield à le prêter à Bolton, pour la saison 2003-2004. Présenté alors comme la nouvelle star des Wanderers, ses statistiques n’ont cependant pas été impressionnantes. En quatre saisons, le vice-champion d’Afrique 2002 avait inscrit 21 buts en 114 rencontres. Loin des performances d’un Demba Ba, auteur de 7 buts en 12 matchs avec West Ham (2011) et 16 buts la saison suivante avec Newcastle en 34 matchs (2012). En 2008-2009, la Bad Boy prenait la direction de Sunderland où il rejoignait l’ancienne star de Manchester United, Roy Keane. En 14 matchs de championnat joués avec les Blacks Cats, il ne marquait aucun but. L’aventure anglaise de Diouf en Angleterre se termine à Blackburn où il a évolué de 2008 à 2011 inscrivant 4 buts en 60 rencontres. Le quart-finaliste de la Coupe du monde 2002 jouera ensuite en division inférieure à Doncaster (2011-2012) et Leeds (2012-2014).


Salif Diao, freiné par des blessures récurrentes

Après une bonne saison à Sedan et une brillante Coupe du monde 2002 avec les Lions, Salif Diao a aussi pris le chemin de l’Angleterre où Liverpool avait déboursé 7 millions d’euros (4,5 milliards de FCFA) pour le recruter. Freiné par des blessures récurrentes et la forte concurrence au milieu des Reds, Salif Diao ne s’est jamais imposé chez le club aux 18 titres de champion d’Angleterre. En 2005, son prêt à Birmingham est peu concluant. Il n’y dispute que deux matchs. Salif Diao prendra part à 13 rencontres lors de son second prêt à Portsmouth. Prêté de nouveau à Stoke City (2006) avant d’être définitivement transféré, le milieu sénégalais jouera 106 matchs entre 2006 et 2012. En 10 ans de présence en Angleterre, Salif Diao a disputé 182 matchs, toutes compétitions confondues, soit une moyenne de 18 matchs par saison.


Aliou Cissé, l’aboyeur s’est tu en Premier League

Avec El Hadj Diouf et Salif Diao, il est l’un des nombreux Lions à débarquer en Angleterre après la brillante Coupe du monde 2002. L’ancien capitaine de l’équipe nationale du Sénégal ne s’est jamais imposé comme titulaire indiscutable dans les clubs de Premier League où il a évolué. Entre 2002 et 2004, il n’a disputé que 37 matchs avec Birmingham. Son passage à Portsmouth n’a pas aussi marqué les esprits. L’ancien Parisien n’y a joué que 27 matchs en deux saisons. Aliou Cissé quitte l’Angleterre en 2006 pour retourner en France où il rejoint Sedan.


Ferdinand Coly, un match et c’est tout

Titulaire indiscutable à Lens où il dispute 64 matchs entre 1999 et 2002, Ferdinand Coly est prêté à Birmingham  pour six mois avec option d’achat. Le passage de l’homme aux dreadlocks chez les Blues de Birmingham City se résume en une seule rencontre perdue contre Arsenal sur le score de 4-0. Le défenseur sénégalais retourne à Lens où il joue 10 rencontres avant de prendre la direction de l’Italie (Pérouse, Parme).


Pape Bouba Diop, le géant aux pieds d’argile

C’est en 2004 que le géant sénégalais rejoint l’Angleterre pour signer à Fulham. Il y passera trois saisons  pendant lesquelles il jouera 74 matchs avant de rejoindre Portsmouth. De 2007 à 2010, Pape Bouba Diop, souvent blessé, a disputé 53 matchs. Il quittera l’Angleterre pour la Grèce et AEK Athènes avant de revenir pour signer à West Ham.


Habib Bèye entre relégation et prêt

Après un brillant parcours à l’Olympique Marseille où il a disputé 174 matchs et porté le brassard de capitaine, Habib Bèye a signé à Newcastle en 2007. Les Magpies avaient déboursé 4 millions d’euros (2,6 milliards de FCFA) pour la venue du défenseur international sénégalais. Bèye y dispute 54 matchs avant que le club ne soit relégué en division inférieure en 2009. Il rejoint ensuite Aston Villa pour 3 ans contre un chèque de 2,9 millions d’euros (1,9 milliard de FCFA). Il sera très peu utilisé par les Villans qui le prêteront à Doncaster en 2011 avant de le libérer.


Henri Camara, le «Lapin Flingueur» perd ses munitions

Le «Lapin Flingueur» a débarqué en 2003 à Wolverhampton, promu en Premier League, après avoir fait les  beaux jours de Sedan, Grasshopper, Neuchatel et Strasbourg. Le montant du transfert s’élevait à 2,2 millions d’euros (1,4 milliard de FCFA) pour un contrat de 4 ans. Pour sa première saison, Henri inscrit 7 buts en 30 matchs de championnat. Cela ne convainc pas les Latics qui, relégués en D2, le prêteront au Celtic Glasgow la saison suivante, avant de le céder à Southampton en 2005. Le meilleur buteur de l’histoire des Lions ne s’éternisera pas chez les Saints puisqu’il n’y passe qu’une saison durant laquelle il inscrit 4 buts en 12 rencontres. Nouveau promu en Premier League, Wigan sollicite l’enfant de Karack qui signe un nouveau contrat (2005-2006). Il marque 12 buts en 29 matchs et contribue à sauver son club de la relégation. Cependant, le joueur formé au Jaraaf ne confirme pas la saison suivante (2006- 2007) avec seulement 6 réalisations en 23 matchs. Prêté à West Ham (2007-2008), Henry est confronté à une cascade de blessures qui gâchent sa saison. Le détenteur du record de sélections en équipe nationale (99) ne dispute que 10 matchs au cours desquels il ne parvient pas à scorer. De retour à Wigan (2008-2009), le «Lapin Flingueur» est confiné au banc à cause de la rude concurrence de joueurs comme Emil Heskey et Amr Zaky. Il sera de nouveau prêté à Stoke City (2008-2009) où il ne dispute que 4 rencontres pour aucun but inscrit. L’aventure anglaise d’Henry Camara se termine à Sheffield United (2009-2010), en Championship. Le club échoue dans sa tentative de montée et Henri quitte définitivement l’Angleterre pour la Grèce.


Khalilou Fadiga, le «gaucher magique» sans la bonne formule

Après son transfert avorté à l’Inter Milan, en 2003, à cause d’une arythmie cardiaque, Khalilou Fadiga signe à Bolton (2004) où il rejoint El Hadj Diouf. Le «gaucher magique » est alors victime d’un malaise à l’échauffement lors  d’un match de Coupe de la Ligue anglaise entre Bolton et Tottenham. Le cardiologue qui l’avait opéré avait alors estimé qu’il s’agissait d’un «sérieux signe d’arrêt de sa carrière de footballeur». Cependant, Fadiga reprend la compétition avec l’équipe réserve de Bolton fin décembre 2014, puis l’équipe première en fin décembre 2004. Il jouera 5 matchs avec les Wanderers lors de la saison 2004-2005. À l’entame  de la saison 2005-2006, l’ancien Auxerrois est prêté à Coventry, en D2, où il joue 4 matchs avant de retourner à Bolton pour y terminer la saison. Fadiga est malheureusement victime d’une rupture des ligaments croisés. Ces performances sont à la baisse et Bolton décide de le libérer. Après plusieurs essais à Portsmouth, Watford et Hull City, il s’engage avec Coventry, le 23 février 2007, pour quatre mois. À la fin de ce contrat, il quitte définitivement l’Angleterre pour finir sa carrière en Belgique.




WEST HAM - Cheikhou Kouyaté : 
Pourquoi j'ai manqué le début de la saison

Après une première saison réussie à West Ham, Cheikhou Kouyaté veut maintenir le cap cette année en Premier League. Et l’enfant de Khar Yalla compte se donner les moyens de ses ambitions. Comme il est déterminé à aider le Sénégal à se qualifier à la CAN-2017. Même si, pour l’heure, il reconnaît que tout n’est pas parfait.

Cheikhou, qu’est-ce qui explique votre absence aux matchs des tours préliminaires de l’europa League avec West Ham ?
C’est le club qui m’a autorisé à prendre quelques jours supplémentaires de congés. Surtout que la saison dernière, j’ai joué beaucoup de matchs. Pendant les vacances, j’étais en sélection pour deux semaines. Ce sont ces jours-ci qui ont été compensés. Sinon il n’y a rien d’alarmant et de problématique, tout se passe super bien. J’ai repris du service et je me sens prêt pour la prochaine saison.

On a l’impression que vous avez pris une autre dimension en Angleterre…
Il est clair que le travail et la volonté de vouloir réussir quelque chose ici en Angleterre restent déterminants. Parce que, depuis mon jeune âge, j’ai toujours rêvé d’évoluer dans ce championnat-là. Et maintenant que j’en ai l’opportunité, je n’économise pas mes efforts. J’ai choisi l’Angleterre alors que j’avais d’autres opportunités. Je ne dois pas me louper. Je dois continuer à faire plaisir à tous ceux qui croient en moi, à mes parents.

Quel objectif vous êtes-vous fixé ?
Cette année sera plus difficile que la précédente pour la bonne et simple raison que, maintenant, je suis bien connu dans ce championnat. À moi de confirmer en prouvant à tout le monde que la réussite de l’année dernière n’était pas le fruit du hasard. Je m’attends à une année difficile. Je dois me préparer à ça parce qu’il n’est jamais facile de confirmer.

Ce sera d’autant plus difficile que Sam Allardyce, qui vous a révélé en Premier League, a quitté West Ham…
C’est vrai qu’en football, il n’y a pas de cadeau et qu’aujourd’hui, il y a un nouvel entraîneur à la tête de l’équipe. Forcément, Slaven Bilic doit être différent de Sam Allardyce, mais à moi de prouver à l’entraîneur que je fais partie de l’équipe. Pour cela, je dois me montrer valable aux entraînements et être bon à chaque match. Si j’arrive à m’imposer, tout se passera comme je le souhaite.

La séparation avec Sam Allardyce n’est-elle pas brutale ?
Toute séparation est difficile à digérer, surtout quand il s’agit d’une personne qui compte beaucoup pour vous. Mais, on essaie de rester professionnel et de faire avec. Avant son départ, Alardyce m’a souhaité bonne chance. C’était à Newcastle après le match retour. À tous les joueurs, il nous a parlé et nous a souhaité bonne chance. Il nous a dit aussi que la vie ne s’arrêtait pas là, même si sa mission avec l’équipe était terminée.

Comment se passe la cohabitation avec Diafra Sakho à West Ham ?
Avec Diafra, on est comme des frères. C’est normal de se prendre la main pour cheminer ensemble. Quand il est arrivé au club, on a tissé des liens forts, des liens familiaux. Et aujourd’hui, on est devenu des amis inséparables. Tous les deux, on savait déjà ce qui nous attendait dans l’équipe. Nous savons d’où nous venons. Ce qui fait que les conseils venaient de nous-mêmes. C’est pourquoi nous avons réussi ce que nous avons fait la saison dernière pour mériter la confiance et le respect de tout le club. On a gagné nos paris grâce à cette familiarité qu’on a tissée.

Le contingent sénégalais vient de s’agrandir en Angleterre avec l’arrivée d’Idrissa Guèye. est-ce une aubaine pour le football sénégalais ?
Vous ne pouvez pas imaginer la joie qui m’anime suite à l’arrivée d’Idrissa en Angleterre. J’aurais préféré qu’il vienne à West Ham comme Sadio Mané aurait voulu qu’il s’engage avec Southampton. Gana est un garçon formidable. Il y avait beaucoup d’équipes qui le voulaient ici. Mais, puisqu’il a fait le choix d’aller à Aston Villa, on lui souhaite bonne chance. Personnellement, je suis content pour lui. J’ai confiance en lui. Il a le talent et le football dans le sang.

Pensez-vous que Gana est taillé pour le championnat anglais ?
Franchement, je crois qu’il réussira en Premier League. Un talent comme Gana, il faut croire en lui. Aston Villa a fait une bonne affaire et je pense que les dirigeants de ce club ne vont vraiment pas le regretter. C’est vrai que les gens parlent de la taille d’Idrissa Gana qui constituerait un handicap pour lui, mais moi je ne vois pas les choses ainsi. Il a tout ce qu’il faut pour devenir un grand milieu de terrain capable de jouer dans toutes les équipes du monde.

Êtes-vous satisfait de la victoire du Sénégal face au Burundi lors la première journée des éliminatoires de la CAN-2017 ?
Naturellement! Déjà, on empoche les trois points de la victoire, même si des techniciens ont déploré notre fond de jeu. Moi, je préfère mal jouer et gagner les trois points que de bien jouer et perdre. Le football, c’est le résultat. N’oublions pas que nous avons joué un match de fin de championnat, quand tous les joueurs sont fatigués et ont les jambes lourdes. La victoire était impérative. Elle nous a permis de bien démarrer ces qualifications.

Est-ce suffisant pour justifier le jeu que vous avez produit ?
C’est normal que les gens parlent du jeu que nous avons produit. Chacun est libre de commenter à sa façon. Nous savions ce qui nous attendait. Tous les joueurs qui ont pris part au stage ont connu une saison pleine en club. Donc, la fatigue était déjà au rendez-vous. Heureusement qu’on a gagné le match. À la fin de la rencontre, je me suis rendu compte que physiquement, on était cuit parce que jouer en Afrique est très différent qu’en Europe. Ce n’est même pas la même chose. On reconnaît aussi que tout n’est pas parfait parce que le coach n’a pas encore fini de mettre en place son équipe.

Pensez-vous déjà au match contre la Namibie ?
Après ce stage, le coach nous a dit qu’on devait profiter des vacances, puis retourner en club pour un bon travail hivernal pour prétendre réussir un grand coup face à la Namibie, pour la deuxième journée. Sachant que, pour ce match-là, nous n’aurons pas trop de temps comme la première journée, nous ne devons pas nous louper. Il faut bien se préparer en club parce qu’on sait ce qui nous attend à Windhoek. C’est vrai qu’on a le temps, mais il faut faire attention aux matchs pièges.

Ne craignez-vous pas de revivre la même situation, si on sait qu’en début de saison les automatismes font souvent défaut ?
Je ne pense pas que ça sera la même chose que face au Burundi. Dèjà, on est à deux mois de la rencontre. Ce qui veut dire que tout le monde doit continuer à travailler. On sera compétitif. Je ne pense pas que ce sera  aussi pénible. Au contraire, on sera frais, puisque ça sera en début de saison.

Le Sénégal est-il bien dans la peau de favori de son groupe ?
Bien sûr, du moment que nous sommes en tête de notre poule, devant le Niger, la Namibie et le Burundi. En tout cas, le Sénégal est toujours attendu. Nous voulons gagner tous nos matchs, même si nous avons conscience que la tâche ne sera pas facile du tout. On sera attendu de pied ferme. Maintenant, à nous de  savoir comment aborder nos matchs pour ne pas être surpris. On n’a pas le choix, on doit impérativement se qualifier à la prochaine CAN et faire mieux parce que la dernière édition a été une déception pour nous. Pour se qualifier, il faut battre tous les adversaires, sans exception.

Avec des joueurs comme Salif Sané, Alfred Ndiaye, Stphane Badji, ou encore Pape Kouly Diop, avez-vous conscience que la concurrence est rude dans l’entrejeu ?
L’équipe nationale est un patrimoine national qui appartient à tout le monde. On est tous là pour défendre la même cause. Et comme le coach nous le rappelle tout le temps, tant que la concurrence est saine, tant mieux. Nous avons la chance d’avoir des joueurs de qualité dans l’entrejeu. En tout cas, il y a beaucoup de joueurs de talent qui sont dans ce secteur de jeu. Maintenant, le dernier mot revient au sélectionneur. Ceux qui débutent la rencontre sur le banc de touche sont les premiers à encourager les titulaires, parce que, comme je vous l’ai dit, nous sommes là pour la même cause.

Que s’est-il passé avec Aliou Cissé au Havre. Il paraît qu’il vous a reproché d’être très bavard. Vous le confirmez ?
(Éclat de rire). Je ne confirme rien du tout. C’est n’importe quoi. Entre Aliou et moi, nous n’avons jamais eu de prise de gueule au point de se lancer des piques. Quand j’ai lu cette information, j’étais surpris. Aliou est un grand homme que je respecte beaucoup. Tout le monde sait que si j’ai découvert cette équipe nationale, c’est en partie grâce à Aliou. Il ne veut que mon bien. Pas plus tard qu’avant-hier (vendredi), je l’ai eu au téléphone. On a longuement discuté. Il ne me donne que de bons conseils. Je connais l’homme. Mais franchement, il y a certaines informations qui me font rigoler parce qu’en réalité, Aliou Cissé ne m’a jamais manqué de respect, et vice versa.

Quel message lancez-vous au public sénégalais ?
Personnellement, je demande aux Sénégalais de nous accompagner par leurs prières. Nous en avons besoin. Moi, j’aimerais faire mieux que la saison dernière. Je dois me sacrifier. Il est clair que ça ne sera pas facile, mais on donnera le meilleur de nous-mêmes. C’est aussi valable pour la sélection. Après la dernière CAN catastrophique que nous avons connue en Guinée équatoriale, on doit se racheter et tout faire pour se qualifier à la prochaine et y faire bonne impression.


Le quotidien Stades : Une du lundi 13 juillet 2015...

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