L’année dernière à la même époque, la Juventus caracolait en tête avec 12 points d’avance sur le troisième. Cette saison, la course au titre promet d’être beaucoup plus serrée. A l’aube de la 18ème journée, cinq équipes se tiennent en quatre petits points. Cinq ténors de la Serie A qui ont connu des fortunes diverses mais qui continuent de se talonner.
Les cadors au rendez-vous
Pour l’heure, l’Inter s’accroche à sa place de leader. Sans forcément impressionner, les hommes de Roberto Mancini font le travail depuis le début de la saison. Meilleure défense du championnat avec seulement 11 buts encaissés, les Nerazzurri s’appuient très souvent sur leur légendaire solidité pour l’emporter (seulement 3 victoires par 2 buts d’écart ou plus). Offensivement, l’Inter peut toujours compter sur son buteur Mauro Icardi (7 réalisations) suppléé en début de saison par un Jovetic très en vue. Mais depuis quelques semaines, les prestations de l’attaquant monténégrin laissent à désirer. Autre bémol, les performances des Milanais face à leurs concurrents directs (nul face à la Juve, défaite contre la Fiorentina et Naples). Des points qui pourront couter cher dans le sprint final.
Deuxième de cette Serie A, l’étonnante Fiorentina. Dans le flou cet été après le départ de Vincenzo Montella, la Viola a réalisé une très belle première partie de saison. Son successeur, Paulo Sousa, effectue un travail remarquable. Meilleure attaque du championnat (33 buts marqués), l’équipe toscane, emmenée par l’excellent duo Kalinic-Ilicic, propose un jeu très plaisant. Une philosophie récompensée par de bons résultats comme cette victoire (1-4) sur la pelouse de l’Inter. Mais comme les Nerazzurri, les Florentins ont perdu de précieux points face aux autres cadors (défaite contre Naples, la Juventus et la Roma). Reste à savoir s’ils parviendront à tenir la cadence lors de cette seconde partie de championnat.
Car derrière, certains tournent à plein régime. A l’image du Napoli, véritable prétendant au titre. Alors que certains semblaient sceptiques lors de l’arrivée de Maurizio Sarri à la place de Rafael Benitez, Naples fait aussi bien voire mieux que la saison dernière. Après un démarrage compliqué (1 victoire lors des 5 premières journées), la machine napolitaine est lancée. Porté par un Higuain en pleine bourre, le Napoli n’a perdu que deux matches depuis le début de la saison (moins que toute autre équipe). Solides défensivement et bien rodés devant, les Napolitains semblent plus que jamais armés pour disputer le scudetto.
Méfiance tout de même à la Juventus. Trop vite enterrée après son départ catastrophique (3 défaites lors des 6 premières journées), la Vieille Dame n’a pas encore dit son dernier mot. Alors qu’elle comptait il y a quelques semaines plus de dix points de retard sur la tête du championnat, la revoici déjà à trois longueurs de l’Inter. Les départs de Pirlo, Tevez et Vidal semblent enfin digérés. Paulo Dybala prend quant à lui une nouvelle dimension. Résultat, après une période de doute mais surtout de transition, les Turinois viennent d’enchainer sept victoires de suite. Une remontée incroyable qui en dit long sur le caractère de cette équipe. Championne en titre, la Juve est belle et bien toujours en course pour une 32ème couronne.
La Roma peut elle aussi toujours espérer remporter le championnat. Comme chaque année, les Giallorossi font figure de grands favoris. Et encore plus cette saison avec un mercato estival prometteur (Salah, Dzeko, Szczesny, Digne …).Tout avait d’ailleurs très bien commencé pour le club de la Louve avec une victoire probante face à la Juventus lors de la 2ème journée. Mais la Roma a vite été rattrapé par ses vieux démons. Toujours aussi inconstants face aux plus petites écuries, les Romains ont bêtement laissé filer des points. Résultat, ils se retrouvent cinquièmes du championnat avec quatre longueurs de retard sur l’Inter. Rien de bien catastrophique mais tout de même symptomatique des maux romains. La Louve a d’ailleurs connu une fin d’année plutôt compliquée avec une victoire en huit rencontres toutes compétitions confondues. Des résultats mais surtout des prestations décevantes qui ont fragilisé Rudi Garcia, clairement sur la sellette depuis plusieurs semaines. La Roma pourrait d’ailleurs connaitre un hiver quelque peu agité.
Sassuolo et Empoli, les invités surprise
Respectivement douzièmes et quinzièmes la saison passée, Sassuolo et Empoli épatent les observateurs ces derniers mois. A la surprise générale, les deux « petits » se sont même hisser dans la première partie de tableau. Un classement pas si anecdotique au vu du jeu proposé et des résultats acquis par les deux formations. Les Toscans de Marco Giampalo, qui disputent leur deuxième saison consécutive en Serie A, sont en effet parvenus à tenir tête à la Fiorentina (2-2) et à Naples (2-2). Avec en chef de file Massimo Maccarone, 36 ans et toujours décisif (déjà sept réalisations au compteur) ainsi que le jeune Riccardo Saponara qui confirme les espoirs placés en lui.
Du côté de Sassuolo, malgré une inconstance non négligeable, l’équipe est capable de coup d’éclats. En témoigne les deux succès décrochés par les protégés de Di Franceso face à la Juve (1-0) et à Naples (2-1) et les nuls contre la Fiorentina (1-1) et la Roma (2-2). Deux équipes, on l’aura compris, plutôt coriaces et très joueuses qui ne se sont pas encore frottées à l’Inter Milan. Nul doute qu’elles tenteront à eux aussi de leur poser problème.
Milan et la Lazio à la traine
Avec l’arrivée de Sinisa Mihajlovic, l’heure était au renouveau du côté de l’AC Milan. Les tifosi milanais ont même repris espoir grâce à un mercato estival très intéressant avec notamment les arrivées de Bacca et Luiz Adriano. Mais depuis, les Rossoneri enchainent les performances en dents de scie (8 victoires, 4 nuls, 5 défaites et un goalaverage quasiment à l’équilibre). Encore en rodage, la machine lombarde ne semble pas encore lancée. Un retard à l’allumage qui pourrait couter cher à Milan, actuellement sixième mais qui compte déjà huit longueurs de retard sur le rival intériste. Pas encore de quoi hypothéquer leurs chances dans la course à l’Europe, leur principal objectif. Mais les Milanais vont devoir réaliser un très bon début d’année pour recoller au wagon de tête (à 4 points de la Roma) et éviter une nouvelle année « sans ». Pour cela, Mihajlovic pourra compter sur les retours attendus de Menez et Balotelli, tous les deux blessés de longue date.
Si on attendait mieux de Milan, la plus grosse déception vient cependant de la Lazio. Troisième la saison passée, les hommes de Stefano Pioli bataillent pour rester dans la première partie de tableau. Alors qu’elle a connu peu de changements cet été, l’équipe laziale est aujourd’hui méconnaissable par rapport à la saison passée. Réputée pour sa solidité, la Lazio est actuellement une des plus mauvaises défenses de Serie A. Les Biancocelesti ont d’ailleurs encaissé de lourds revers face à Naples (5-0) ou encore face au Chievo (4-0). Principale raison, l’absence du néerlandais Stefan de Vrij (blessé au genou et indisponible toute la saison), pilier de la défense romaine. La Lazio a tout de même bouclé l’année par un succès prometteur face à l’Inter grâce à un doublé de Candreva, (trop) discret lors de ces six premiers mois. Les Romains tenteront de combler leur retard lors de cette deuxième partie de saison, comme lors de l’exercice précédent.
Higuain sur un nuage
Maurizio Sarri n’a pas hésité à dire qu’il était le meilleur attaquant du monde. Le coach napolitain s’est peut-être légèrement enflammé mais il est vrai que Gonzalo Higuain a pris une nouvelle dimension ces derniers mois. A Naples depuis désormais près de deux ans et demi, l’ancien madrilène régale cette saison. En témoigne ses statistiques impressionnantes de 16 buts inscrits en 17 matches disputés en Serie A. Quasiment autant que lors de l’exercice précédent (18 réalisations). A 28 ans, le natif de Brest est sans doute en train de vivre l’une de ses saisons les plus abouties. Sa nouvelle stature pourrait conduire le Napoli droit vers le titre. Avant peut-être de partir vers d’autres horizons ?
Vers un flop Dzeko ?
Voilà plusieurs années que la Roma se cherchait un avant-centre de renom. Les Giallorossi pensaient l’avoir trouver en s’attachant les services d’Edin Dzeko cet été. Recruté 15 millions d’euros en provenance de Manchester City, le Bosnien était censé apporter ce petit plus qui fait défaut au club de la Louve depuis plusieurs années. Un joueur d’une autre envergure qui devait faire passer un cap à l’AS Roma. Mais avec ses trois petits buts marqués en 15 rencontres, force est de constater que son apport est quasiment nul. Pour preuve, Dzeko n’est que le cinquième buteur du club romain, derrière Pjanic, Gervinho, Salah et Florenzi. Un rendement décevant mais surtout insuffisant au vue des ambitions des Romains. S’ils veulent disputer les premiers rôles, nul doute qu’ils auront besoin du réveil de leur attaquant.
beIN SPORTS

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