C’est une question qui revient, au fur et à mesure des buts encaissés par cette équipe de Chelsea : quand Kurt Zouma sera-t-il de retour ? Le défenseur central français a beau n’avoir que 21 ans, son retour est attendu comme celui du messie sur une plaine dévastée. Victime d’une rupture du ligament croisé du genou droit en février, l’international tricolore est en phase de reprise. Et John Terry, touché à la cheville, était lui aussi forfait.
S’il est aussi espéré, c’est parce que la défense des Blues a montré une faiblesse technique affligeante ce samedi, lors de la lourde défaite de l’équipe sur la pelouse d’Arsenal (3-0) dans le sommet de la sixième journée de Premier League. Etonnant quand on connaît l’amour d’Antonio Conte pour les rideaux de fer et les défenses rugueuses.
Luiz-Cahill, zéro automatisme
Cette charnière David Luiz-Gary Cahill n’apporte aucune garantie. Le recrutement du défenseur brésilien en toute fin de mercato et pour la coquette somme de 35 millions d’euros, alors qu’il sortait d’une saison très moyenne avec le Paris Saint-Germain et la sélection brésilienne, laissait de toute façon matière à douter. Dans un schéma défensif classique et assez figé, étonnant de la part du manager italien, les deux joueurs ont complètement déjoué.
« On travaille ces actions à l’entraînement, pour que ça devienne automatique. Il n’y a rien, pas de communication, pas d’automatisme », résume Frank Leboeuf. Ce n’est sans doute pas uniquement une question d’automatismes. La passe en retrait complètement manquée de Gary Cahill pour Thibaut Courtois, qui offre l’ouverture du score à Alexis Sanchez (11e), résume à elle seule une prestation entre inattention, défaillances techniques et attentisme.
Un deuxième but en forme de bijou collectif
Reconnaissons à Arsenal la beauté de son deuxième but, un festival collectif dans la surface des Blues, conclu du pied droit par Theo Walcott (14e). Le but du chaos est venu de Mesut Özil qui, après avoir littéralement effacé un N’Golo Kanté pas dans un grand jour, a combiné avec Alexis Sanchez pour alourdir l’addition (40e). C’est cadeau pour Arsenal, c’est un calvaire pour un Thibaut Courtois abandonné par sa charnière centrale, incapable de tenir son marquage. Et puisque ni Branislav Ivanović, ni Cesar Azpilicueta, ni le milieu de terrain de Chelsea n’ont brillé dans le repli défensif, préférant trottiner pour laisser les deux centraux bien seuls…
Les regrets du mercato
« Il manque quelque chose à Chelsea, ajoute William Gallas. Quand vous jouez ce genre de derby, il faut de la niaque ! » De l’inspiration aussi. Le basculement dans un schéma avec une défense à trois (en deuxième période, alors que l'affaire était pliée) est venu bien trop tard de la part d’Antonio Conte, qui peine à imposer sa patte dans une équipe qu’il a finalement peu remaniée. Et de se souvenir que le recrutement fut bien maigre du côté des Blues cet été, avec N’Golo Kanté, David Luiz, Michy Batshuayi, Marcos Alonso et le gardien Eduardo. Ni clinquant, ni suffisant en nombre.
Fin de série pour Chelsea, qui n’avait plus perdu en championnat contre Arsenal depuis 2011. Les Blues n’avaient plus encaissé un 3-0 à la mi-temps depuis mai 2012. Des statistiques inquiétantes, pour un chiffre qui l’est encore plus : huit. C’est le nouveau classement de l’équipe d’Antonio Conte ce samedi soir, avec déjà huit points de retard sur un Manchester City irrésistible et auteur d’un sans-faute. Après deux défaites d’affilée contre deux prétendants, face à Liverpool (2-1) et à Arsenal (3-0), les Blues n’ont déjà plus le droit à l’erreur. Surtout pas à Hull City samedi prochain.
SFR Sport
Réagissez Google+ Facebook