«La Coupe du monde est une grande compétition pour un sportif de haut niveau et un footballeur professionnel. J’ai tendance à dire qu’aller à une Coupe du monde, c’est comme un musulman qui va accomplir son pèlerinage à la Mecque. Faire une carrière de football sans vivre les sensations d’une Coupe du monde, pour moi c’est faire son travail à moitié. Contre le Cap-Vert, ça va nous donner la possibilité de pouvoir bien débuter parce que ce genre de match est souvent très difficile à jouer. Mais, nos joueurs sont motivés. Ils ont cette ambition-là. Ils veulent d’abord faire une très bonne Coupe d’Afrique des Nations et aussi aller en Russie. Ça, je le sens tous les jours et ils en parlent tout le temps. C’est ce que je leur souhaite. Moi, j’ai eu la chance de vivre ça. Ça a été les plus grands moments de ma carrière footballistique. Aujourd’hui, si cette jeune génération parvient à le réaliser, ce sera bien. Nous avons la possibilité de le faire. C’est vrai que le Cap-Vert est une très bonne équipe, capable d’attaquer avec des individualités capables de jouer dans plusieurs systèmes de jeu : en 4-4-2, en 4-3-3 ou en 4-1-4-1.
Peu importe ce que cette équipe Cap-Verdienne nous apportera, ce qui nous intéresse, c’est ce que nous voulons faire pour ce match là : être patients, être capables d’élever notre niveau de jeu et de répondre présents à tous les coups.
Blessure d’Ismaïla Sarr
J’ai vu qu’Ismaïla Sarr est sorti face à Bordeaux. Quoi qu’il arrive, il y a un staff médical qui est là. Tout le monde connaît la réglementation. Quand on est blessé, on vient faire constater sa blessure au niveau des médecins de l’équipe nationale. On attend plus d’informations sur Ismaïla Sarr. Pour l’instant, on en n’a pas. Donc, on pense que le garçon est sélectionnable. C’est pourquoi on l’attend le 3 octobre prochain à l’hôtel Fleurs de Lys qui nous servira de tanière.
Retour de Moussa Sow
La dernière fois que Moussa Sow a été sélectionné, c’était le 28 mars 2015 coïncidant avec ma prise de fonction, contre le Ghana, au Havre. Comme j’ai toujours eu à la dire, l’équipe nationale n’est pas fermée. Moussa est un garçon qui avait fait des choix sportifs. Aujourd’hui, il est revenu dans un grand championnat. Non seulement il y joue mais aussi il est décisif. C’est pourquoi il est redevenu sélectionnable.
L’engagement des joueurs
Le championnat européen a pratiquement débuté, il y a plus d’un mois. Je pense effectivement que nos garçons ont monté en régime. Ce que j’attends de ce match contre le Cap-Vert, c’est du répondant. On doit mettre plus d’intensité par rapport au match contre la Namibie. Je n’ai pas de doute là-dessus. Je crois que sur le plan mental et athlétique, je n’ai pas de souci à me faire. Les grands matchs appartiennent aux grands footballeurs et comme nous avons de grands joueurs, ils se donneront à fond.
Le flanc gauche en berne
Concernant le flanc gauche, Saliou Ciss est capable d’y jouer. Il y a un garçon comme Ibrahima Mbaye qui y a joué aussi. Pour moi, il n’y a pas de précipitation à avoir. Kalilou Koulibaly est capable de jouer là bas. À mon avis, on a beaucoup de joueurs polyvalents capables d’évoluer à ce niveau.
Chez Pape Ndiaye Souaré après le match
Pour le cas de Pape Ndiaye Souaré, je vous dis qu’il est difficile de le joindre directement. Puisqu’il a un problème de mâchoire, il lui sera difficile de parler. Mais, il n’y a pas une journée où je n’entre pas en contact avec son environnement. Je suis l’évolution de sa blessure. Après le match contre le Cap-Vert, je vais me rendre en Angleterre pour aller m’enquérir de sa situation et lui apporter mon soutien et celui de tout le groupe. Mame Biram Diouf est absent parce qu’il a écopé de deux cartons jaunes lors de la double confrontation avec Madagascar. Du coup, il est suspendu pour la première journée. Mais rater un penalty, ça arrive à tout le monde. Je suis bien placé pour le savoir. Ce n’est pas qu’il a raté le sien contre la Namibie qu’il n’est pas là.
Repositionnement de Sadio Mané
C’est une possibilité pour que Sadio Mané évolue derrière l’attaquant parce qu’il a de la qualité pour évoluer à gauche, à droite ou dans l’axe. Même si on évolue en 4-3-3, il a le potentiel athlétique, il va vite. Il est capable d’éliminer dans toutes les positions. Aussi, je pense qu’il n’y a pas débat parce qu’à Liverpool, il évolue à droite. Si aujourd’hui Klopp l’utilise dans ce registre, c’est parce que nous aussi nous ne nous sommes pas trompés. Nous savons qu’il est capable de nous apporter plus sur ce côté-là.
Déficit de latéraux droits, un faux débat
Concernant les joueurs à droite, je pense qu’il y a beaucoup de débats inutiles. Parce que j’estime que ce qui est important pour un entraîneur, c’est de trouver une solution qui permet à son équipe de garder l’équilibre. Je ne vois aucun inconvénient à discuter et motiver certains joueurs à venir défendre les couleurs nationales. Ça aussi fait partie de mon travail. Mais, on a tendance à oublier que la première tâche qu’on demande au défenseur, c’est d’être bon défensivement. Et sur ce registre, je pense que Lamine Gassama fait assez bien son travail. Maintenant si certains me disent que les latéraux modernes, c’est ceux qui jouent pratiquement comme des ailiers, moi je pense que le travail défensif c’est celui qui défend bien ; qui fait d’abord son travail défensif comme il se doit. Et après, se projeter vers l’avant s’il y a possibilité d’apporter la plus-value sur le plan offensif. C’est un débat inutile pour moi.
Les cas Mouhamadou Dabo et Youssouf Sabaly
Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, c’est normal qu’on s’approche de ces garçons-là. Tout ce que le Sénégal peut faire pour amener de très bons joueurs capables de nous aider, nous devons le développer. Nous avons une équipe qui est en progression. Nous avons besoin du temps. Cela peut se faire dans des semaines ou des mois. C’est ça aussi le travail d’un entraîneur.
Problème de libération des joueurs
Le problème de libération des joueurs par les clubs européens a toujours existé. Chacun essaie de défendre ses intérêts. Les gens se posent la question de savoir à qui appartient le joueur ? D’aucuns vous diront que le joueur appartient au club parce que c’est le club qui le paie, d’autres vous diront que le joueur appartient à sa sélection parce qu’il est de cette nationalité. Moi, je dis que le joueur appartient à lui-même. C’est à lui de décider. Même si le club souhaite ne pas libérer le joueur, c’est à ce dernier de montrer qu’il aime son pays, qu’il est prêt à défendre les couleurs de sa Nation. Il y a toujours des intérêts. C’est normal que les clubs essaient de garder leurs joueurs surtout qu’ils ont beaucoup de matchs dans la saison. Nous aussi, nous avons des compétitions parce qu’il s’agit d’une sélection nationale ; donc de l’honneur d’un pays. Et pour moi, il n’y a aucun maillot ou club au-dessus d’une équipe nationale. Si aujourd’hui les clubs doivent passer au-dessus de l’équipe nationale, je pourrai me poser la question sur la réelle motivation de mes joueurs. Je vous donne l’exemple d’un footballeur brésilien qui ne se pose aucune question quand il est appelé en équipe nationale. Même s’il doit faire 18 heures de vol, il répondra présent. Il faut que ces clubs européens respectent la CAF et les pays africains. De la même façon qu’ils libèrent les joueurs argentins, les joueurs français qui sont convoqués pour défendre les couleurs de leur pays, c’est de cette même façon qu’ils doivent libérer nos joueurs parce que notre équipe nationale a un standing. C’est nous, fédérations africaines, qui devons nous faire respecter.
Le Sénégal sans sponsor
Aujourd’hui, c’est le président de la FSF qui est le boss du football sénégalais. S’il vous a dit ça, c’est parce qu’il a ses raisons. Je pense que le mieux c’est d’aller à la Coupe d’Afrique avec un sponsor. Il a raison parce que l’équipe du Sénégal a un standing. Estce que nous devons brader l’image de l’équipe pour accepter n’importe quoi sur le plan contractuel ? Je ne le crois pas. C’est un dossier que je ne maîtrise pas bien.»
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