Derrière un Manchester City euphorique et auteur d’un sans-faute, un club qu’on n’attendait pas forcément à cette place dans le classement. Après un match nul et quatre victoires lors des cinq premières journées, Everton est donc deuxième de Premier League, derrière les Citizens de Pep Guardiola. Pour ce qui est le meilleur début de championnat du club depuis la saison 1978-1979.
« Je ne pense pas qu’on puisse faire une Leicester »
De quoi donner des idées ? Halte là ! Après le surprenant sacre de Leicester l’an dernier, tous les espoirs sont permis. Mais Ronald Koeman, lui, se charge de garder les Toffees et leurs supporters sur terre. « Je ne pense pas qu’on puisse faire une Leicester, insiste l’entraîneur d’Everton. Normalement non. Mais on ne sait pas ce qui est normal ou pas dans la vie, dans le football. Si je vous dis qu’on va se battre pour le titre, je pense que la plupart des gens vont croire que je suis fou. Même en le disant, ça sonne fou. Pourquoi devrions-nous changer nos ambitions avec 13 points pris en cinq matches ? Les grosses équipes ont bien plus de qualités. »
Ronald Koeman fait le modeste. Parce qu’il convient tout de suite de dire que, contrairement à Leicester la saison dernière, Everton fait partie des clubs les mieux armés du championnat. Il y a certes devant les Toffees quelques mastodontes comme les deux clubs mancuniens, Chelsea, Liverpool, Arsenal et Tottenham. Mais dire d’Everton qu’il est un petit poucet est largement exagéré.
La méthode quasi militaire de Koeman
Le secret de Ronald Koeman réside dans ses méthodes drastiques, quasi militaires. L’ancien coach de Southampton est un adepte des séances d’entraînement rudes et fait de la forme physique une priorité absolue. « Les séances ne sont pas très longues mais le rythme est très élevé, précise-t-il. On s’entraîne une heure et demi, pas deux heures. Mais nous le faisons de manière très intensive et dans la concentration. Et les joueurs trouvent cela difficile. »
Après tout, de telles séances lui semblent si logiques au regard de la condition physique de ses rivaux… « L’autre fois, j’étais à la séance d’entraînement de Manchester City, ajoute Ronald Koeman. Vous voyez combien de joueurs en forme ils ont. C’est très différent de la saison dernière et c’est dû à leur manière de s’entraîner. » La sueur devrait donc continuer à perler le front des joueurs d’Everton cette saison.
Gueye, la bonne pioche
Côté terrain maintenant. Le Néerlandais a apporté sa patte dès le mercato. Première signature ? Maarten Stekelenburg, 33 ans, arrivé de Fulham et qui avait déjà travaillé avec Ronald Koeman chez les Saints l’an passé. Idrissa Gueye, nouvelle coqueluche des Twittos pour ses très bonnes performances en ce début de saison, est arrivé d’Aston Villa pour huit millions d’euros (très modeste dans cette Premier League qui roule sur l’or). Il est aujourd’hui l’un des piliers du nouvel Everton et ses précieux tacles font merveille pour aider la défense des Toffees, la deuxième meilleure de ce début de championnat (derrière Tottenham).
Autre renfort avec l’arrivée d’Ashley Williams, en provenance de Swansea pour pallier le départ de John Stones pour Manchester City. Le capitaine du pays de Galles, demi-finaliste du dernier Euro, était l’une des priorités du manager du club, considéré comme une recrue d’expérience. Plus gros transfert du club cet été, Yannick Bolasie, arrivé de Crystal Palace pour environ 35 millions d’euros et qui s’est parfaitement fondu dans le moule.
De la flexibilité dans le schéma de jeu
Quant au style de jeu, Ronald Koeman mise sur… la flexibilité. « Je suis plutôt un adepte de la possession et de la construction depuis le but plutôt que de chasser sans cesse le ballon, confie tout de même le Néerlandais. Mais dans certains cas, être plus direct vous permet de devenir plus dangereux. Je considère que jouer au football d’une seule façon est assez naïf. Même s’il est important de rester vrai dans l’idée qu’on a de ce sport. »
« Je crois que quand vous construisez une maison, il faut partir de la base, ajoute-t-il. Les attaquants ont donc plus de responsabilités pour venir soutenir leurs défenseurs. » Les milieux de terrain aussi. Avec en parfait exemple un Ross Barkley qui a impressionné son entraîneur face à Middlesbrough samedi (3-1). Un coach qui lui avait demandé de « s’améliorer dans tous les domaines ».
« C'est vrai que Ross était sous pression mais si tu ne peux pas la supporter, tu ne peux pas jouer en Premier League, a confirmé l’entraîneur. Je ne peux pas toujours dire ce que je pense aux joueurs mais j'essaie d'être honnête avec eux. Et ils ne sont pas stupides, ils savent lorsqu'ils jouent bien ou non. » Et si c’était cela, la vraie méthode Koeman ? Honnêteté et confiance en ses joueurs.
SFR Sport
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